Tout a commencé par une envie de faire davantage
Les animaux ont toujours occupé une place essentielle dans notre famille. Aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours vécu entourées de chiens. Ma maman avait également un cheval de race Appaloosa, et j’ai grandi avec cette idée toute simple : les animaux font partie de la famille, avec leurs habitudes, leur caractère et la place qu’ils prennent dans nos vies. Leur présence nous a appris très tôt la patience, l’attention et le respect de leurs besoins. Aimer les animaux n’a donc jamais été pour nous une passion passagère, mais quelque chose de profondément naturel. Avec ma maman, nous soutenions déjà différentes associations de protection animale, notamment par des dons et en leur consacrant du temps.
Mais, au fil des années, nous avons eu envie d’aller plus loin. Nous voulions comprendre ce que devenait notre aide, connaître les animaux qui en bénéficiaient et constater concrètement ce qui pouvait changer dans leur vie.
Nous avions surtout envie de nous impliquer personnellement, de rencontrer les personnes qui se battaient sur le terrain et de participer à des actions dont nous pourrions suivre les résultats.
C’est ainsi que, le 6 juillet 2010, ma maman et moi avons créé ASLAN.
Pourquoi les galgos ?
Tout a commencé par un reportage consacré au calvaire des galgos en Espagne.
Nous y avons découvert une réalité que nous étions loin d’imaginer. Ces magnifiques lévriers, utilisés notamment pour la chasse, sont parfois abandonnés lorsqu’ils ne répondent plus aux attentes de leurs propriétaires. Certains subissent des maltraitances effroyables, tandis que d’autres finissent dans des refuges déjà débordés.
Les images étaient difficiles à regarder. Mais ce qui nous a surtout bouleversées, c’était de découvrir le contraste entre la douceur de ces chiens et la cruauté dont certains étaient victimes.
Nous ne pouvions pas simplement éteindre la télévision et passer à autre chose.
Nous avons commencé à nous renseigner, à prendre contact avec des refuges espagnols et à découvrir le travail considérable accompli par les bénévoles qui tentent, chaque jour, de sauver ces animaux. Nous avons cherché à comprendre leur fonctionnement et à identifier les domaines dans lesquels ils avaient besoin de notre aide.
C’est ainsi que les galgos sont entrés dans notre vie. Et ils n’en sont jamais vraiment ressortis.
Une association à notre image
Nous n’avons jamais voulu faire d’ASLAN une structure impersonnelle où les chiens ne seraient que des noms sur une liste.
Derrière chaque animal, il y a une histoire, des besoins particuliers et, souvent, des personnes qui se sont battues pour lui offrir une chance de s’en sortir.
Notre rôle consiste à soutenir ce travail, à collaborer avec les refuges, à faire connaître les chiens qui attendent une famille et à accompagner les personnes qui souhaitent les adopter.
Nous croyons aussi beaucoup à l’entraide. Une collecte de nourriture, un transport, une contribution aux soins vétérinaires ou quelques heures offertes bénévolement peuvent faire une véritable différence.
Il n’est pas nécessaire d’accomplir quelque chose d’extraordinaire pour être utile. L’important est de ne pas rester indifférent. On peut être utile de tellement de manières différentes. Partager une annonce, offrir un peu de son temps ou simplement parler d’un chien qui attend une famille peut déjà ouvrir une porte. Chaque geste compte, même lorsqu’il paraît tout petit.
Vittorio, notre premier galgo
Vittorio, que nous appelions Vito, venait du refuge Ciudad Animal, en Espagne.
Il avait quatre ans lorsqu’il est entré dans notre vie. Il en avait quinze lorsqu’il nous a quittées.
Onze années ensemble.
Nous avons eu énormément de chance avec lui, surtout lorsqu’on sait combien certains galgos peuvent être marqués par leur passé. Vito était peu craintif et n’avait absolument pas tendance à fuguer. Il s’est adapté à notre quotidien avec une facilité qui nous a parfois étonnées.
Mais ce qui le caractérisait avant tout, c’était son incroyable gentillesse.
Vito était adorable, intelligent et d’une douceur désarmante. À tel point que nous avions fini par le surnommer « Vito-doux ». Un petit nom qui lui allait merveilleusement bien.
Il faisait partie de ces chiens dont la présence apaise une maison. Pas besoin de grandes démonstrations : sa gentillesse, son regard et sa manière d’être suffisaient à le rendre profondément attachant.
Avec le recul, nous réalisons à quel point nous avons été privilégiées de rencontrer un premier galgo aussi facile à vivre. Tous n’arrivent pas avec la même confiance. Certains ont besoin de beaucoup plus de temps pour se sentir en sécurité, et c’est précisément pour cela qu’il est si important de respecter le rythme de chacun.
Vito nous a accompagnées pendant onze merveilleuses années. Nous aurions évidemment aimé qu’elles soient encore plus nombreuses.
Aujourd’hui, il nous manque toujours. Mais lorsqu’on repense à lui, c’est surtout son extraordinaire douceur qui nous revient en mémoire.
Seize ans plus tard, la même conviction
Depuis 2010, beaucoup de choses ont changé. Nous avons rencontré des personnes formidables, découvert des situations révoltantes, connu des moments de joie et d’autres beaucoup plus difficiles.
La protection animale n’est pas faite uniquement de belles histoires. Il y a aussi des déceptions, des urgences, des limites financières et cette frustration de savoir qu’on ne pourra jamais aider tous ceux qui en auraient besoin.
Mais nous continuons.
Parce qu’un chien sauvé n’est pas une statistique. C’est un être vivant qui retrouve progressivement ses repères, découvre le confort d’un panier, la régularité des repas et, surtout, la sécurité.
Et parce que chaque adoption réussie nous rappelle pourquoi nous avons commencé.
ASLAN est née d’une histoire entre ma maman, moi et notre amour des animaux. Seize ans plus tard, c’est toujours cette même histoire qui nous fait avancer.
— Morgan
Depuis 2010, notre conviction demeure la même : chaque lévrier mérite respect, protection et la possibilité de vivre sereinement.
Découvrir l’association →



