Le galgo espagnol, ou Galgo Español, est un lévrier ancien, élégant, discret et profondément sensible. Pourtant, derrière cette silhouette magnifique se cache une réalité que nous refusons d’adoucir : en Espagne, des milliers de chiens utilisés pour la chasse sont abandonnés, négligés ou maltraités. Certains galgos subissent de véritables actes de cruauté. Pour comprendre l’engagement d’ASLAN, il faut aussi regarder cette souffrance en face.
Un chien exceptionnel, pas un outil jetable
Le galgo appartient à la famille des lévriers, mais se distingue du Greyhound de course par sa morphologie plus fine, adaptée à l’endurance. Son dos allongé, sa queue souple, sa tête étroite et ses yeux en amande lui donnent une allure reconnaissable entre toutes. Il existe des galgos à poil ras ou dur, noirs, fauves, bringés, blancs et de nombreuses autres couleurs. Ce sont souvent des chiens calmes, affectueux et sensibles, capables d’être de merveilleux compagnons. Leur instinct de poursuite et leurs capacités de saut demandent toutefois des précautions, notamment des clôtures sûres et des présentations adaptées avec les petits animaux.
Quand la saison de chasse se termine, le calvaire commence
En Espagne, pour de nombreux galgos, la fin de la saison de chasse ne signifie pas simplement l’abandon. Elle peut signifier une véritable condamnation à mort. Des chiens sont pendus, parfois laissés à agoniser jusqu’à ce que la mort survienne. D’autres sont mutilés, notamment amputés pour les empêcher de retrouver leur chemin. Certains sont battus, torturés, affamés ou abandonnés dans des endroits isolés, sans aucune chance de survivre. Ce ne sont pas des histoires que nous évoquons de loin : au sein d’ASLAN, nous avons été personnellement confrontées à cette barbarie. Ces images ne s’effacent pas. Derrière chaque galgo torturé, il y a un être vivant qui ressent la douleur, la peur et la détresse. Il faut cesser de présenter cette tragédie comme une simple question d’abandon de chiens de chasse. Nous parlons de sévices, de mutilations, d’agonies et de morts infligées délibérément. C’est précisément pour dénoncer cette cruauté et donner une chance à ceux qui y survivent qu’ASLAN se bat.
Des chiffres qui donnent la mesure du drame
En 2022, une enquête de l’organisation espagnole PACMA, menée auprès de 194 associations de protection animale, a recensé 12 295 chiens de chasse abandonnés, dont 5 544 galgos. Ces chiffres correspondent aux cas recueillis par les structures participantes : ils ne constituent donc pas un décompte national exhaustif. Derrière chaque nombre, il y a un animal qui a attendu, souffert, fui ou survécu comme il a pu.
Des sauvetages qui révèlent l’horreur
En Andalousie, notre association a participé de nombreuses fois à des sauvetages. Parfois, nous arrivons à temps et parvenons à en sauver quelques-uns, dans un état de dénutrition et de négligence très avancé. Il n’est pas rare de les retrouver à côté d’autres galgos en état de décomposition. Les survivants sont alors si effrayés qu’ils tentent de nous fuir, alors que nous venons simplement les secourir. Cela rappelle que derrière le mot « maltraitance » se trouvent des corps épuisés, des blessures et une peur qui peut mettre des mois, voire des années, à s’apaiser.
Les sauver ne suffit pas : il faut les reconstruire
Un galgo rescapé n’arrive pas toujours dans un foyer en remuant la queue. Certains tremblent devant une main tendue, paniquent au bruit d’une porte ou n’osent pas manger en présence d’un humain. Il faut soigner les blessures, restaurer leur santé, leur redonner du poids et leur apprendre patiemment que la violence est terminée. Leur offrir une maison ne gomme pas leur passé du jour au lendemain. Mais avec du temps, du respect et de la douceur, beaucoup découvrent enfin une vie qu’ils n’avaient jamais connue.
Pourquoi ASLAN existe
Nous ne voulons pas que le martyre des galgos reste invisible. Parler de ces chiens uniquement comme de grands sportifs élégants et d’adorables compagnons serait passer à côté de l’essentiel. ASLAN existe pour contribuer à les protéger, soutenir leur sauvetage et faire connaître ce qui leur arrive. Un galgo n’est pas un objet que l’on remplace à la fin d’une saison. C’est un être vivant, capable de souffrir, d’avoir peur, de faire confiance et d’aimer. Nous leur devons davantage que de la compassion : nous leur devons une voix.

