Accueil    ·    L’association    ·    Journal d’ASLAN    ·    Nous soutenir    ·    Contact

ASLAN — Des lévriers, une seconde chance

Maltraitance animale : des lois plus dures… mais une justice encore trop douce ?

🇬🇧 This article is also available in English — read it here.

On aimerait croire que les choses ont changé. Que la société a évolué. Que faire du mal à un animal, en 2026, est puni avec la fermeté que cela mérite. Sur le papier, c’est de plus en plus vrai.

Dans la réalité ? C’est… nettement plus nuancé. Et c’est précisément là que le malaise commence.

Des lois qui se durcissent (enfin)

Il faut être honnête : ces dernières années, plusieurs pays – dont la Belgique – ont fait de vrais progrès.

Prenons un exemple concret.

En Belgique, la situation a profondément évolué, avec des différences selon les régions :

En Flandre, les sanctions peuvent aller jusqu’à 5 ans de prison et 800 000 € d’amende (voire plus en cas de récidive).

En Wallonie, la loi prévoit jusqu’à 3 ans de prison et des amendes pouvant atteindre 100 000 €.

Des mesures complémentaires existent : interdiction de détenir un animal, retrait du permis, saisies…

Dit comme ça, on pourrait presque se dire : “Bon, cette fois, c’est sérieux.”

Et c’est vrai — sur le papier, la Belgique fait partie des pays les plus avancés d’Europe aujourd’hui.

Mais…

Le grand décalage : la loi vs la réalité

Parce que oui, il y a un “mais”. Un énorme.

Ces peines sont des maximums.
Et entre ce que la loi permet… et ce que la justice applique réellement, il y a souvent un monde.

Dans de nombreux cas :

– les peines de prison ferme restent rares

– les sanctions sont réduites ou avec sursis

– certains dossiers sont classés ou peu poursuivis

Résultat :
On a des lois impressionnantes… mais un effet dissuasif encore très limité. C’est un peu comme afficher une limite à 130 km/h… sans radar.

Et ailleurs dans le monde ? Une justice à plusieurs vitesses

La Belgique n’est pas un cas isolé. Partout, on observe ce même paradoxe.

Royaume-Uni : jusqu’à 7 ans de prison pour les cas graves

Italie : peines renforcées ces dernières années

Canada / Australie : sanctions pouvant aller jusqu’à 5 ans

Sur le papier, les choses avancent donc, mais dans de nombreux pays, les peines restent modérées dans les faits et la maltraitance animale est encore perçue comme une infraction secondaire

Et dans certaines régions du monde, les lois sont encore faibles, voire inexistantes.

La valeur accordée à la vie animale dépend encore énormément de l’endroit où l’on vit.

Pourquoi la justice reste-t-elle si timide ?

C’est la vraie question.

Plusieurs raisons expliquent ce décalage :

Manque de priorité : ces affaires passent après d’autres crimes jugés “plus graves”

Difficulté de preuve : absence de témoins, silence de la victime…

Perception culturelle : un animal est encore trop souvent vu comme un “bien” plutôt qu’un être sensible

Saturation des tribunaux

Et puis il y a une réalité dérangeante :

👉 Les animaux ne parlent pas.
👉 Les animaux ne portent pas plainte.
👉 Les animaux ne votent pas.

Un signal pourtant inquiétant

Ce manque de fermeté n’est pas anodin.

De nombreuses études montrent un lien entre maltraitance animale et violences envers les humains

Ignorer ces actes, les minimiser, les traiter à la légère… c’est parfois fermer les yeux sur des comportements bien plus larges.

Le vrai problème aujourd’hui n’est plus la loi

Pendant longtemps, on pouvait dire : “Les lois ne sont pas assez sévères.” Aujourd’hui, dans plusieurs pays, ce n’est plus totalement vrai.

Le vrai problème, c’est devenu :

👉 l’application des lois
👉 la cohérence des sanctions
👉 la prise au sérieux des faits

Ce qu’il faudrait changer (concrètement)

Si on veut aller au bout des choses, il faut passer à l’étape suivante :

1. Appliquer réellement les peines prévues
Pas seulement les afficher.

2. Mettre en place des peines minimales obligatoires
Pour éviter les sanctions symboliques.

3. Généraliser l’interdiction de détenir des animaux
Et surtout, la contrôler.

4. Créer des registres des abuseurs
Pour empêcher les récidives discrètes.

5. Former policiers et magistrats
Parce que la perception du problème change tout.

6. Accélérer les procédures
Un animal maltraité ne peut pas attendre des mois.

7. Continuer à faire évoluer le statut de l’animal
Vers une reconnaissance pleine comme être sensible.

Une question de société, pas juste de justice

Au fond, ce sujet dépasse largement les tribunaux.

C’est une question de regard.

Est-ce qu’un animal est un objet ou un être vivant capable de souffrir ?

Tant que cette réponse restera floue dans les mentalités, les lois — même les meilleures — auront du mal à être pleinement appliquées.

On a avancé… mais pas assez

Oui, il y a du progrès. Mais non, ce n’est pas suffisant. Parce qu’une loi forte qui n’est pas appliquée… reste seulement une promesse. Et pendant ce temps-là, la réalité, elle, continue. Silencieuse. Invisible. Mais bien réelle.

Et ça, en 2026, ça ne devrait plus être acceptable.


Animal Abuse: Tougher Laws… but a Justice System That Is Still Too Lenient?

We would like to believe that things have changed. That society has evolved. That harming an animal in 2026 is punished with the firmness it deserves. On paper, that is increasingly true.

In reality? It is… considerably more nuanced. And that is precisely where the discomfort begins.

Laws are getting tougher (finally)

We have to be fair: in recent years, several countries — including Belgium — have made real progress.

Let us take a concrete example.

In Belgium, the situation has changed profoundly, with differences between the regions:

In Flanders, penalties can reach 5 years in prison and a fine of €800,000 (or even more in cases of repeat offending).

In Wallonia, the law provides for up to 3 years in prison and fines of up to €100,000.

Additional measures exist: bans on keeping animals, withdrawal of permits, seizures…

Put like that, you could almost think: “Right, this time they are serious.”

And it is true — on paper, Belgium is among the most advanced countries in Europe today.

But…

The great divide: the law versus reality

Because yes, there is a “but”. A huge one.

These penalties are maximums.
And between what the law allows… and what the courts actually impose, there is often a world of difference.

In many cases:

– immediate prison sentences remain rare

– penalties are reduced or suspended

– some cases are dropped or barely prosecuted

The result:
We have impressive laws… but their deterrent effect is still very limited. It is a bit like displaying a 130 km/h speed limit… with no speed cameras.

And elsewhere in the world? Justice at different speeds

Belgium is not an isolated case. The same paradox can be seen everywhere.

United Kingdom: up to 7 years in prison for serious cases

Italy: penalties strengthened in recent years

Canada / Australia: penalties of up to 5 years

So, on paper, things are moving forwards, but in many countries penalties remain moderate in practice and animal abuse is still regarded as a secondary offence

And in some parts of the world, laws are still weak or even non-existent.

The value placed on animal life still depends enormously on where you live.

Why does the justice system remain so timid?

That is the real question.

Several reasons explain this gap:

Lack of priority: these cases come after other crimes considered “more serious”

Difficulty of proof: no witnesses, a victim who cannot speak…

Cultural perception: an animal is still too often seen as “property” rather than a sentient being

Overloaded courts

And then there is an uncomfortable reality:

👉 Animals cannot speak.
👉 Animals cannot file complaints.
👉 Animals cannot vote.

A worrying sign nonetheless

This lack of firmness is not insignificant.

Numerous studies show a link between animal abuse and violence towards humans

Ignoring these acts, minimising them, treating them lightly… can sometimes mean turning a blind eye to much broader patterns of behaviour.

The real problem today is no longer the law

For a long time, we could say: “The laws are not severe enough.” Today, in several countries, that is no longer entirely true.

The real problem has become:

👉 enforcing the laws
👉 consistency in sentencing
👉 taking the facts seriously

What needs to change (in practical terms)

If we want to see this through, we need to move to the next stage:

1. Actually impose the penalties provided for by law
Not merely display them.

2. Introduce mandatory minimum sentences
To avoid merely symbolic penalties.

3. Make bans on keeping animals more widespread
And above all, enforce them.

4. Create registers of abusers
To prevent discreet repeat offending.

5. Train police officers and magistrates
Because the way the problem is perceived changes everything.

6. Speed up proceedings
An abused animal cannot wait for months.

7. Continue to develop the legal status of animals
Towards full recognition as sentient beings.

A question for society, not just the justice system

Ultimately, this issue goes far beyond the courts.

It is a question of how we see animals.

Is an animal an object, or a living being capable of suffering?

As long as the answer remains blurred in people’s minds, laws — even the best ones — will struggle to be fully enforced.

We have made progress… but not enough

Yes, there has been progress. But no, it is not enough. Because a strong law that is not enforced… remains only a promise. Meanwhile, reality continues. Silent. Invisible. But very real.

And in 2026, that should no longer be acceptable.

🇫🇷 Lire la version française

Article initialement publié sur Morganesque.org, par Morgan Mc Kenzie.

Chaque lévrier sauvé laisse une empreinte dans notre cœur — lévrier noir au coucher du soleil

ASLAN · Protection des lévriers · Morgan Mc Kenzie · Varenslaan 8, 1820 Steenokkerzeel

+32 473 88 65 12 · Écrivez-nous · Contact · N° 0827.587.172